Cette année, Diane de Selliers nous propose une nouvelle merveille : L’Apocaplypse de saint Jean illustrée par les extraordinaires tapisseries d’Angers.
On n’arrête pas le fantasme des princes. Au quatorzième siècle, Louis d’Anjou décide de faire tisser la plus grande tapisserie jamais réalisée. Il fait appel au peintre Hennequin de Bruges, qui n’est autre que le peintre attitré de son frère, le roi Charles V, pour en réaliser les cartons. Quelques années de travail à peine, pour créer cette merveille. Imaginez : une tapisserie de quatre-vingt-quatre tableaux répartis en six ensembles, faisant six mètres de hauteur et cent trente de long, pour cent soixante-quinze mètres de surface. Une sorte de chapelle Sixtine avant l’heure, verticale, immense. Trop grande, peut-être : « On a donc fabriqué un chef-d’œuvre impossible à déployer dans son ensemble. » Malgré les panneaux manquants, c’est pourtant doublement possible : au Château d’Angers dans la vaste salle spécialement construite pour recevoir ce chef-d’œuvre, et dans ce merveilleux livre ou vous pourrez admirer les vues d’ensemble, les gros plans et les moindres détails, et suivre le texte de l’Apocalypse en regard, éclairé par les commentaires et analyses de Paule Amblard. Car ce texte mythique, effroyable par ses révélations (vous savez que le terme "apocalypse", en grec, signifie "révélation", "dévoilement", "mise à nu"), ce livre prophétique, hyper-symbolique, sur-codé, « contient autant de mystères que de paroles ». Ce qui, avouons-le, est extrêmement rare.
La réussite du livre est totale. Malgré l’effroi des prophéties, grâce à l’espoir révélé, par l’histoire incroyable de la tapisserie l’illustrant (utilisant une technique unique au monde rendant lisible l’envers comme l’endroit), cette sorte « Chapelle Sixtine » avant l’heure, mais aussi la fabrication impeccable de livre : tout contribue à en faire une petite merveille à offrir, à s’offrir.