Quoi de plus symptomatique qu’une journée de grêve nationale pour aborder les questions posées par Jean-Claude Barbier ?
Vous étiez une trentaine à avoir bravé les grèves et le froid pour débattre avec Jean-Claude Barbier des questions posées dans son ouvrage La longue marche vers l’Europe sociale. Tâchons de résumer les principales lignes de la présentation et du débat qui a suivi. Depuis le traité de Rome de 1957, bien qu’il y ait eu certaines avancées, c’est la dimension sociale qui est le plus à la traîne dans la construction européenne. Ce qui freine ces progrès attendus, ce sont les compétitions nationales entre tel et tel pays, plus qu’une appartenance politique. La crise financière actuelle le montre bien : les réactions des différents pays de la CEE ont été des réactions nationales : sauvons notre économie, nos retraites et, d’une certaine manière, tant pis pour les pays qui, telle l’Islande, sont en faillite ou au bord du gouffre (la Grèce notamment). Le problème est aussi culturel : les cultures politiques qui diffèrent, les cultures sociales (voyez nos différents systèmes de santé), ainsi que les cultures linguistiques. M. Barbier faisait remarquer que le budget européen à la culture et à l’apprentissage des langues est infime : or, comment s’entendre si l’on ne comprend pas la langue de l’autre, si l’on ne peut parler la même langue ? C’est un point capital sur lequel il faudrait se pencher d’urgence. Depuis l’échec du référendum pour le Traité européen, en France, aux Pays-Bas, puis en Irlande, aucune avancée sociale n’a été réalisée. Il existe un vide sidéral en termes de protection du travailleur, de retraites, etc. à un niveau européen. On peut s’inquiéter de ce qui nous attend...
Le débat a été fort nourri. Pour ceux qui l’ont raté, nous vous invitons à lire l’ouvrage de Jean-Claude Barbier, inquiétant mais stimulant !