Rencontre au sommet : Vila-Matas et Eduardo Lago à Denfert

posté par Olivier Denfert 4 juin 2010

Nous aurons le rare privilège d’acceuillir, le vendredi 11 juin à 18h, Enrique Vila-Matas et Eduardo Lago.

Plus que jamais, les absents auront tort. Heure exceptionnelle (18h) pour événement exceptionnel : les deux écrivains espagnols présents ensemble pour une soirée animée par leur traducteur commun, André Gabastou, auteur d’un très beau livre d’entretiens avec Vila-Matas, Vila-Matas, pile et face.

Eduardo Lago présentera son second roman, Voleur de cartes, paru chez Stock « cosmopolite ». On retrouve Brooklyn, personnage du premier roman, de retour à sa ville natale, Paris, après la mort de ses parents. Elle se fait dorénavant appeler Sophie. En navigant sur internet, elle tombe sur le message d’un mystérieux écrivain l’enjoignant à lire ses nouvelles. Leur lecture l’entraînera loin, physiquement jusqu’à Trieste, mais bien plus loin dans l’imagination et dans le temps.

Enrique Vila-Matas présentera ses deux derniers ouvrages parus : Dublinesca (voir la chronique dans ce blog : http://blog.arbrealettres.com/Vila-Matas-Dublinesca.html) et le petit bijou intitulé Perdre des théories. Les deux livres sont une variation sur une même histoire : un écrivain est invité à un colloque à Lyon. Il reste dans sa chambre et, en attendant que l’on vienne le chercher, échaffaude une théorie générale du roman. Mais personne ne vient, et l’auteur décide de repartir discrètement à Barcelone. Echaffauder des théories pour mieux les perdre (mais aussi savoir les retrouver), comme voyager est, au fond, perdre des pays. Ce qui fait l’objet du petit volume n’est que le point de départ du roman Dublinesca, où l’on verra Riba, l’éditeur à la retraite, célébrer en grande et funèbres pompes la fin de l’ère du livre de papier, à Dublin, un certain « Bloomsday ».

Variations, nuances, fugues : ces deux écrivains sont passés maîtres dans l’art de jouer avec divers registres de fiction et de niveaux supposés de réalité. Voyez par exemple la nouvelle sur Sophie Calle, « Parce qu’elle ne me l’a pas demandé », dans Explorateurs de l’abîme. Les explications fournies dans les entretiens avec André Gabastou éclairent-elles vraiment l’histoire « réelle » ? Ou encore, cette fameuse rencontre entre Vila-Matas, Lago et Paul Auster, dont chacun raconte une version différente ? Saurons-nous la vérité de l’histoire ?

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