Esprit d’hiver - Laura Kasischke

posté par Adrien Bastille 25 août 2013
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« Et si c’était elle, le grand écrivain contemporain ? Laura Kasischke, s’impose, livre après livre, comme la plus douée des romancières de sa génération. » François Busnel, Lire.

Le jour de Noël s’annonce comme une merveille de bonheur dans cette maison du Midwest américain. Eric et Holly, parents de la belle Tatiana, adoptée treize années plus tôt dans un orphelinat du fin fond de la Sibérie, se lèvent tard. Eric part à l’aéroport chercher ses parents tandis que Tatiana et sa mère attendent le reste des invités.

Une journée enneigée, très enneigée, trop enneigée. Eric ne peut rejoindre la maison et les convives décommandent tour à tour.

Un Noël à deux, Holly et sa fille. Mais quelque chose cloche, la douce adolescente se fait des plus inquiétantes, comme si "quelque chose les avait suivi depuis la Russie jusqu’à chez eux"...

Un huis clos magistral où le décor quotidien se transforme en cauchemar. Les sentiments d’oppression et de malaise ne font que croître à mesure que les mots défilent. Un final irrespirable où l’on agrippe le livre, où l’on baisse la garde devant les coups qu’il nous assène, Kasischke nous malmène, avant de nous achever définitivement.

C’est peut-être bien elle le grand écrivain contemporain...

Esprit d’hiver, Laura Kasischke, traduit de l’anglais (américain) par Aurélie Tronchet ( Christian Bourgois Editeur, 20€).

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Un été - des livres : sélection été 2013 Bastille

posté par Laura Bastille 26 juin 2013
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La sélection des libraires de Bastille pour l’été 2013 !

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Cassandra va au mariage de Dorothy Baker

posté par Raphaëlle Bastille 28 mai 2013
cassandra

Cassandra et Judith sont deux sœurs jumelles à la ressemblance troublante mais au caractère très opposé. Vivant sans sa jumelle depuis un an, Cassandra, brillante étudiante de Berkeley, revient au ranch familial pour le mariage de Judith.

Cet évènement, qui marque la fin de leur relation fusionnelle, plonge l’héroïne dans une très grande angoisse.

Les relations familiales, la douleur de la séparation, le passage à l’âge adulte et la quête d’une identité propre, sont finement analysés par l’auteur. C’est d’une écriture simple et lumineuse que sont explorés les sentiments complexes de Cassandra, style proche de celui de Carson McCullers, qui porta aux nues ce roman intime et profond.

Robert Laffont, 9,90 €.

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Lisez "Phrixos le fou" !

posté par Elodie Bastille 9 mai 2013

Ni un peu, ni beaucoup, ni même passionnément, mais bien absolument à la folie. Voilà comme nous aimons le premier volet du "Jardin des sept crépuscules" de l’Espagnol Miquel de Palol.

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Phrixos le fou

Une guerre nucléaire a éclaté. A Barcelone, la ville n’est plus que le fantôme d’elle-même : scènes de pillage, de panique, etc., toute civilisation tombe peu à peu en ruines. Un jeune homme, le narrateur, se voit offerte l’opportunité de quitter la cité catalane pour se mettre en sécurité. Perché au sommet de montagnes isolées, un abri l’attend, où d’autres ont déjà trouvé refuge. Au terme de son voyage, bien loin de tout ce qu’il imaginait, c’est une véritable forteresse aux allures de palais qu’il découvre. Une architecture d’un faste hors-norme, des œuvres d’art d’un luxe rare, un aménagement des plus raffinés, quelques passages secrets ou encore un mystérieux jardin où croît une végétation dont l’existence à cette altitude défie les lois de la nature : le lieu se révèle peu à peu des plus sublimes et surprenants. Et les autres « réfugiés », tous éminents représentants de la haute société internationale, ne vont pas moins l’étonner. Dans ce décor somptueux, ils semblent oublier totalement les événements qui bouleversent la planète.

Entre incompréhension et indignation, notre héros hésite à réagir et faire connaître ses sentiments, quand bientôt les discussions s’orientent vers l’histoire de la banque Mir, établissement parmi les plus puissants au monde. À tour de parole, les uns et les autres livrent une version de faits dont ils ont parfois été les acteurs principaux, et auxquels certains parmi les hôtes et auditeurs présents ont pu prendre part (où nous apprenons, en même temps que le héros, combien de proche en proche tous ici sont impliqués). Trois journées s’écoulent ainsi, au cours desquelles se dévoilent les différents pans d’une histoire en forme de saga familiale, où interviennent économie et politique, où s’invite une chasse au trésor, et dont les multiples acteurs voient leurs relations évoluer au gré des alliances et des conflits. Amour, amitié, complots, trahison, chantage, lutte pour le pouvoir : les récits qui se succèdent recèlent leurs révélations et leurs zones d’ombre sur les membres de la famille Mir et ceux qui gravitent autour, hommes et femmes dont le destin les apparenterait vite aux descendants des grandes tragédies grecques.

Et nous voilà, à l’instar du narrateur, totalement happé, tout autant captif de cette saga qu’ébloui et conquis par la maestria avec laquelle l’auteur mène sa fiction, multipliant histoires et sous-intrigues sans jamais perdre (ni nous faire perdre) le fil de son récit, ménageant ici et là quelques intermèdes et s’amusant aussi à glisser quelques pistes dont il faudra attendre pour savoir enfin si elles sont fausses ou non (rien de mieux que l’entretien de certain mystère pour créer le suspense et susciter cette attente qui font les lecteurs fervents et assidus). Le livre refermé, on a alors plus que très envie d’abord de remercier les éditions Zulma pour nous avoir fait découvrir l’œuvre de Miquel de Palol, et ensuite de leur demander qu’elles ne tardent pas trop à nous offrir les deux autres opus de ce Jardin des sept crépuscules. Car déjà il nous tarde vraiment trop de remonter à bord de cette formidable machine à voyager.

Imaginez, immense et magnifique, comptant autant de portes à pousser que de surprises à découvrir, un vaisseau que des cales aux ponts on imaginerait sans fin pouvoir explorer ; un bâtiment abritant un dédale de salles et de pièces toutes porteuses de secrets ; bref, un engin conçu pour vous faire oublier tout des rivages quittés et dont la destination, s’il vous importe bien de la connaître, se laisse toutefois peu à peu éclipser par le plaisir que vous prenez à la traversée. Eh bien, Phrixos le fou est un tel navire. Qui alors pour ne vouloir embarquer ? Et qui, ayant déjà goûté à cette aventure, pour ne plus dès lors espérer que cette unique chose : voir les amarres de nouveau jetées ? Vous l’aurez compris, nous sommes enthousiaste, de la plus heureuse et furieuse des façons.

Phrixos le fou, de Miquel de Palol, traduit du catalan par François-Michel Durazzo (Zulma, 22,50€).

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Voyage sur les canaux de France

posté par Elodie Bastille 9 mai 2013

La Petite Vermillon poursuit sa réédition des œuvres de Jean Rolin. Et c’est peu dire que cela nous réjouit.

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Voilà un homme qui a le voyage heureux. Capable par exemple, entre autres qualités avérées, de donner au récit de sa traversée de la France par les canaux – ô périlleux périple – des accents quasi épiques, et cela, soyons-en avisés, non pas pour vanter ses mérites dignes d’un Ulysse ou ses tout hypothétiques talents de barreur, non pas donc pour hisser haut son statut de héros, mais bien pour mieux s’amuser et sourire de ses menues mésaventures ou dépeindre avec toute la force et tout le piquant nécessaires le caractère (et le physique non moins) de ces figures croisées ici et là le long de ces Chemins d’eau qui mènent « De Nantes à Brest », « De Sète au Rhône » ou bien encore « De la Marne au Rhin » (pour ne citer-là que trois des quatorze parties que compte ce livre).

Oui, voilà bien un homme qui a le voyage heureux et qui surtout – pour notre plaisir à nous – sait formidablement conter et décrire hommes et paysages qu’il scrute et embrasse d’un œil qui est tout autant celui d’un fin observateur que chargé de bienveillance. Jamais de médisance ici ou de critique qui éreinte : si l’on rencontre quelque personnage moins susceptible d’immédiate sympathie, mieux vaut alors en rire et ne pas s’irriter, ne pas s’appesantir et filer ainsi plus léger toujours plus avant du bon côté de la vie.

Oui, assurément, voilà un homme qui a le voyage heureux et qui nous fait une plus qu’excellente compagnie, que l’on soit ou non soi-même lancé sur les routes du voyage. Car s’il est bien incapable de rendre comestibles asperges, raves et artichauts (que certaine éclusière à bon prix lui aura cédés), car si donc il n’est pas des plus habiles aux fourneaux, pour ce qui est de notre idiome en revanche il est bien des plus aptes à nous en régaler, prenant tout le bon temps de la phrase qui s’allonge, pour mieux jouir et nous réjouir au gré de ses méandres des succulences d’une langue aux chair et substance ô combien riches d’infinies nuances et subtiles délices.

Oui, décidément, il fait très bon voyager avec Jean Rolin, qu’il vogue ou qu’il arpente et foule de ses pieds les terres où il fait escale. Et oui, définitivement, la France douce a bien du bon sous cette plume.

Chemins d’eau, Jean Rolin (La table ronde, 8,70€)

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A dégainer pour se dérider

posté par Elodie Bastille 9 mai 2013

On souhaite au héros octogénaire de ce nouveau polar autant de succès qu’au Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire. Qu’on se le dise : les personnes âgées n’ont pas que de beaux restes, elles ont bien plus : de la ressource et du talent.

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Une Lucky Strike vissée au coin de la bouche, un .357 Magnum de chez Smith et Wesson pour meilleur ami, Buck Schatz est la preuve vivante que même avec près de 90 ans au compteur, on peut encore en avoir beaucoup sous le capot. Retraité de la police de Memphis, si cet ex-flic au tableau de chasse impressionnant est bien une véritable légende, cette dernière est en effet tout sauf de celles qui n’appartiennent tout entières qu’au passé. Vue qui décline, mémoire qui flanche, réflexes moins vifs, cerveau qui rencontre parfois quelque défaillance, si le corps exige certes qu’on ne manque pas de le ménager (il est tout de même un âge auquel le moindre pas de travers peut être fatal), Buck jouit toujours bien cependant des armes qui ont fait sa réputation : manière forte et humour tiré à froid (100% kasher et 100% déstabilisant), entre autres. Aussi ne fait-il pas bon le déranger et, pour les criminels, espérer surtout qu’il ne reprenne pas du service.

Tant pis pour eux, car l’enquêteur est de retour. Pour mettre la main sur Heinrich Ziegler et plus encore sur l’or que cet ancien officier SS avait réussi à faire sortir d’Europe avant de filer pour les États-Unis afin d’y commencer une nouvelle existence. Depuis l’époque du camp de Chelmno où il a bien failli laisser sa vie, Buck a de très vieux comptes à régler avec celui qui fut son tortionnaire. Autant dire qu’il n’est pas prêt à lâcher même si l’affaire s’annonce des plus compliquées : comment trouver la piste d’un homme censé être mort depuis plusieurs décennies et dont on ignore tout de la nouvelle identité ? Plus que sur la police, c’est sur l’aide inattendue de son petit-fils, étudiant en droit qui se fait appeler Tequila, que Buck va devoir ici d’abord compter – et découvrir par là même, tout sceptique et ignorant qu’il est des derniers progrès technologiques, de quels pouvoirs sont doués internet et autres outils informatiques. Aussi improbable et mal assorti qu’il est possible de l’être, ce duo va vite devoir prouver qu’il peut être efficace : à l’évidence ils ne sont pas seuls à chercher Ziegler et un premier cadavre vient leur annoncer, si besoin était, que la chasse au trésor ne sera pas sans risque.

Ne deviens jamais vieux ! est parfait pour ceux qui ont adoré L’inspecteur Harry (on dirait aujourd’hui pour les fans d’un Dr House reconverti en flic). C’est le polar idéal pour tous les amateurs d’anti-héros qui cachent bien leurs sentiments dans les plis d’une sale humeur à toute épreuve, râleur devant l’éternel, dont l’esprit sarcastique est capable de décocher des traits doués de blesser autrement mais non moins que des balles. Vif, servi par de bons dialogues et dont l’intrigue n’a rien à envier aux policiers les mieux réussis, voilà donc un roman qui fait une excellente lecture et est de très bon augure pour Daniel Friedman qui fait ici ses premiers pas d’auteur.

Ne deviens jamais vieux !, de Daniel Friedman, traduit de l’américain par Charles Recoursé (Sonatine, 20€)

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Serge Legrand-Vall à Bastille le 22 février 2013

posté par Laura Bastille 23 février 2013
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Un grand merci à Serge Legrand-Vall d’être venu à la librairie pour présenter son livre "La rive sombre de l’Ebre" grâce à la participation appréciée de plusieurs collaborateurs de Nova.

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Michèle Goldstein-Narvaez à Bastille, 15 février 2013

posté par Bastille 19 février 2013
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Un grand merci à Michèle Goldstein-Narvaez venue de Lyon pour présenter son livre : Nous attendons de vos nouvelles ; voix et destins du ghetto de Varsovie.

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Guy Delisle à Bastille le 9 janvier 2013

posté par Laura Bastille 11 janvier 2013

Un grand merci à Guy Delisle pour sa présence à librairie le mercredi 9 janvier après une longue journée de promotion diverse et variée.

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A l’occasion de la parution de son nouvel opus "Le guide du mauvais père" chez Delcourt, Guy Delisle a travaillé comme un forcené pour venir à bout de la longue queue de fans en quête d’une dédicace. Merci encore et à bientôt !

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Soirée philo à Bastille !

posté par Caroline Bastille 19 novembre 2012

Mercredi 21 novembre à 19h.

Nous sommes très honorés de recevoir Camille Fallen, docteur en philosophie et sciences sociales à l’EHESS. L’Anomalie Créatrice, édité chez Kimé, reprend des éléments de sa thèse, sous une forme à la fois efficace et dense. Le concept d’anomalie est le fil rouge d’un questionnement qui entraîne l’auteure sur de multiples territoires : épistémologie, ontologie, logique, phénoménologie, mais aussi esthétique et politique.

Une soirée qui s’annonce être riche en paradoxes. Le concept d’anomalie ne se laissant pas attraper facilement : il déroute, heurte la logique et promet de l’ébullition à Bastille !

Jean-Luc Nancy, que nous avions annoncé pour cette soirée, ne pourra malheureusement pas se joindre à nous, nous en sommes désolés. Sa présence, qui était un honneur, va bien évidemment nous manquer, nous tâcherons donc d’être doublement philosophe.

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L'Arbre à Lettres 4 librairies à Paris

République

Arbre à lettre
33/35, boulevard du Temple
Paris 75003
01 48 04 76 52
M°: République
ou Filles du Calvaire
 

Mouffetard

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