Si vous venez régulièrement dans notre librairie, vous vous êtes peut-être aperçus que nous sommes des fans de la première heure de Non-non.
Ce sympathique ornithorynque nous revient avec deux petits albums à flaps (les deux premiers étaient très grands). Dans l’un deux, Non-non a un petit problème qui nous arrive à tous : il n’a plus rien a se mettre. Ses amis vont essayer de le relooker, mais rien ne lui plaît : ni les pulls oranges de Bio qui le grattent, ni les santiags de Grouillette (pourtant made in U.S.A) qui lui tordent les pieds, encore moins le casque de Grocroc, avec lequel il ne voit rien. Il est assez difficile ! Heureusement il trouvera tout seul une nouvelle tenue, pas si nouvelle que ça...
à partir de 2 ans
Non-non n’a plus rien à se mettre et Non-non a très faim de Magali Le Huche sont publiés aux éditions Tourbillon.
Quel bonheur de retrouver les illustrations d’Anne Crausaz, toujours aussi épurées, simplement belles !
Dans son dernier album, nous découvrons les états d’âme d’une amanite. Elle est un peu peinée de tous les préjugés que nous avons sur ce beau mais pourtant dangereux champignon - en témoignent les noms dont nous l’affublons : tue mouche, tabouret de sorcière...
En découvrant son univers, on apprend à la connaitre et, même si elle reste toxique pour nous, l’amanite rend bien des services aux autres habitants de la forêt.
En cela elle est précieuse et il faut en prendre soin.
"Maintenant que tu sais", d’Anne Crauzas, est publié aux éditions Memo.
Grand changement dans la librairie, les rayons jeunesse et bandes dessinées déménagent et prennent leurs quartiers dans un lieu réservé aux enfants et aux bédéphiles, anciennement occupé par le rayon beaux arts.
Dans cet endroit spacieux, nous vous proposons une sélection plus importante de livres, jeux, jouets et éléments de décoration qui raviront petits et grands.
N’attendez plus, venez découvrir ce nouvel espace INCROYABLE, animé par une équipe de charmantes et non moins compétentes libraires.
La littérature écossaise, un double visage.
Châteaux en ruine, landes brumeuses, farouches highlanders au cœur pur, autant de motifs – voire de clichés – qui s’imposent à l’esprit à l’évocation de l’Écosse. Une ambiguïté réside cependant au sein de cette trop parfaite imagerie. En effet, dès le XIXe siècle, l’extraordinaire vogue écossaise qui saisit l’Europe romantique naît d’une double mystification : le barde celte Ossian – dont la redécouverte avait ému toutes les scènes littéraires – se révèle n’être qu’une pure création du poète McPherson et le grand Walter Scott lui-même, père du roman historique, a davantage inventé que ressuscité le folklore traditionnel qu’il met en scène. Ainsi, depuis deux siècles, l’Écosse est-elle une terre autant rêvée que réelle.
Retrouvez en juin et juillet 2009 une sélection des titres de la collection dirigée par Keith Dixon dans nos librairies ainsi qu’un texte sur
Alasdair Grey, Lanarck, 22,20 €
Roman véritablement culte depuis sa parution en 1981, empruntant
aussi bien à Kafka qu’à Borges, Lanark réinvente la ville de Glasgow à travers différentes variations d’un même lieu (en mode réaliste, grotesque, futuriste ou cauchemardé) que traverse le narrateur, poète maudit et amnésique – nouveau Juif errant – condamné à revivre ses échecs.
Un roman-univers qui s’autorise toutes les libertés stylistiques.
James Kelman, Le poinçonneur Hines, 18,50 €
Eternellement en décalage, Robert Hines, jeune poinçonneur de bus de Glasgow, ne parvient pas à s’adapter à la dureté de sa ville battue parles vents. Seuls points d’ancrage de son cœur incertain, sa femme et son fils, foyer lumineux de son imaginaire révolté.
À la manière d’un Ken Loach, Kelman sait retranscrire toute la dignité
de son simple héros – avec une grâce qui conjugue le prosaïque
et le poétique.
Lewis Grassic Gibbon, Sunset Song, 10,50 €
Sunset song est le grand roman des bouleversements de l’Écosse rurale
au début du XXe siècle. Son héroïne, Chris Guthrie, passe sa vie
entre deux aspirations contradictoires : d’une part son attachement à la nature et aux traditions séculaires de la campagne, et de l’autre
sa passion pour les livres, symboles de l’ouverture au monde et à la modernité. Écrit en 1932,
Sunset Song fit scandale à sa parution pour
son réalisme cru mais reste considéré comme l’un des plus grands romans écossais du XXe siècle.
James Robertson, Le Fanatique, 18,50 €
Andrew Carlin accepte un emploi de fantôme pour effrayer les
touristes lors de visites du vieil Édimbourg. Peu à peu, dans les
sombres venelles de la ville, il développe une véritable fascination
pour celui qu’il est censé incarner – un presbytérien du XVIIe siècle condamné à mort pour sorcellerie, bestialité et inceste.
Les fantômes, transparents symboles d’un passé mouvementé,
hantent le narrateur jusqu’à la folie et l’écriture, vague temporelle qui oscille entre deux époques, brasse les déchirements religieux et nationaux de l’Écosse.
John Burnside, Un mensonge sur mon père, 20 €
« Quel que soit le mal qu’on se donne pour éviter ça, la paternité
est un récit. » Du mensonge familial – destructeur, pernicieux –
au « mensonge » de la littérature – créateur et libérateur, le poète et romancier.
John Burnside retrace une douloureuse enfance écossaise. La force de l’écriture et l’exigence du regard y apparaissent comme le revers lumineux de cette sombre jeunesse.
Retrouvez tous les titres de la collection Bibliothèque écossaise de Anne-Marie Métailié sur leur site.
Nous avons eu la chance de recevoir l’Iranienne Zoyâ Pirzâd accompagnée de son traducteur, Christophe Balaï, ainsi que de son éditrice chez Zulma, Laure Leroy, à l’occasion de la sortie du recueil de nouvelles : Le goût âpre des kakis.
Un public, en majorité composé de femmes, s’était rassemblé pour une séance de questions réponses, qui a permis d’aborder les thèmes suivants :
La nouvelle : un genre majeur en Iran. De nombreux auteurs se font les armes sur la nouvelle avant d’écrire leur premier roman. Zoyâ Pirzâd évoque le parcours d’un enfant qui apprend à marcher puis à courir.
L’universalité des situations décrites : histoires de couples, de famille, d’amitié.
L’aspect visuel, presque cinématographique de ses écrits : au delà de la visualisation de scènes, Zoyâ souhaite que ses lecteurs utilisent leur cinq sens. Elle joue notamment sur le registre de l’odorat avec nombreuses descriptions de préparations culinaires.
La place des hommes. Son angle d’attaque est certes le regard des femmes mais, ses personnages masculins sont loin d’être inexistants, notamment dans la nouvelle « L’Harmonica ».
Un grand merci à Christophe Balaÿ qui a enrichi les réponses grâce à sa très bonne connaissance de l’Iran (il est par ailleurs professeur de persan à l’Inalco) ainsi qu’à Laure Leroy pour sa belle lecture du début de la nouvelle « L’appartement ».
Pour information, Zulma publiera prochainement le premier roman de Zoyâ Pirzâd « J’éteins les lumières ». Pour connaître la date de publication, il faudra encore attendre un peu, même si Zoyâ a bien essayé de la soutirer à son éditrice sous nos oreilles attentives !
Interview de Zoyâ Pirzâd dans Le Monde du 19 juin 2009.
Ou comment le libraire, mis au défi par l’éditeur de faire partager son enthousiasme pour ce roman inclassable, a décidé de se lancer quitte à devoir recommencer dans quelques jours.
La Catastrophe, évènement central et énigmatique autour duquel se construit et se déconstruit le récit, a bouleversé nos sociétés, nos villes, notre monde. En marge des discours officiels vides, de l’imaginaire national préfabriqué, la périphérie grouille. Aliénés, chiens errants, sans abris, utopistes, artificiers terroristes, réfractaires en tous genres réinventent un réel confisqué, reconstruisent une Histoire lacunaire et chaotique. Le lecteur glane au fil des chapitres les traces d’une humanité qui résiste, qui refuse de se soumettre à l’atonie générale, au couvre-feu décrété des consciences. La ville devient un immense terrain de jeu dont les règles ne cessent de changer, où les paysages se modifient jour après jour d’où l’impression diffuse de naviguer en terre inconnue entre rêve et réalité, entre réel et mensonge, en se raccrochant aux derniers fragments d’une humanité qui résiste, ça et là, au détour d’une ruelle sordide, dans le réfectoire délabré d’un asile ou dans les tunnels désaffectés du métro. Jean-Daniel Dupuy signe un roman unique et envoûtant, un diamant noir à la structure labyrinthique où il ne peut être que bénéfique de se perdre. Un immense coup de coeur pour ce livre magnifique et admirablement écrit.
Ce roman est publié par les éditions Attila.
Partie seule en vacances au bord de la mer dans le sud de l’Italie, Leda s’intèresse à une famille de napolitains, et plus particulièrement à Nina et sa jeune fille Elena. Ce sera pour elle l’occasion de réfléchir sur sa maternité non assumée.
Extrait du livre : « Quand mes filles déménagèrent à Toronto, où leur père vivait et travaillait depuis des années, je découvris avec stupeur et gêne que je n’en éprouvais aucune douleur, je me sentais au contraire légère, comme si c’était seulement à ce moment-là que les avais mises au monde définitivement. Pour la première fois depuis près de vingt-cinq ans je ne ressentis plus l’angoisse de devoir m’occuper d’elles. »
Poupée volée est un roman puissant, parfois bouleversant, publié chez Gallimard (18€).
Après Cercle, récit poétique d’une libération (signalons sa parution en poche dans la collection Folio), Yannick Haenel signe un livre d’entretiens et de réflexions en ping-pong avec François Meyronnis.
Comment échapper, s’émanciper, se libérer, se délivrer d’un monde, d’une société, d’une humanité en décomposition, une décomposition de plus en plus manifeste et rapide ?
D’abord en lisant Moby Dick et L’Odyssée, en regardant les danseuses de Pina Bausch, ou par l’écriture... Les auteurs offrent ainsi quelques pistes. "Le temps revient" est leur devise. La baleine leur totem.
On tire un grand plaisir à lire ces dialogues échangés dans une bonne humeur socratique et une belle complicité intellectuelle. On découvre surtout l’écriture époustouflante de précision et de cohérence de François Meyronnis, un auteur qui touche juste. A suivre...
Et la pensée continue une fois le livre refermé, profonde et légère, telle la baleine dans l’océan !
Un samedi aux couleurs du Rwanda à l’Arbre à Lettres Bastille.
Samedi 7 février, le rayon jeunesse de l’Arbre à Lettres Bastille débordait de vie ! Et pour cause, nous recevions Bernadette Balland pour la parution de son premier livre, un album intitulé « Guy-Noël, Victor et Flore vivent au Rwanda », publié par les éditions de La Martinière Jeunesse.
A travers l’histoire de trois enfants aux vies et aux passés différents, nous découvrons un pays qui parvient à se reconstruire malgré le génocide.
Pendant plus de deux heures, Bernadette a dédicacé son livre, entourée aussi bien d’adultes que d’enfants, chacun ayant une question sur son travail d’auteur, sur le Rwanda, sur ses prochaines parutions…
Une belle rencontre.
De beaux portraits d’écrivains et d’artistes qui donnent envie de lire, découvrir, ou relire.
Art de lecture, art d’écriture, art de l’anachronisme, Linda Lê, ainsi que l’invite Baudelaire dans son poème Le Voyage, "plonge au fond de l’inconnu pour trouver du nouveau".
Et c’est une toute nouvelle plume que nous découvrons dans cet essai, une plume insurgée, exigeante, précise et affûtée : "Lire, écrire, quand on ne se borne pas à réclamer un baume lénitif, c’est accepter de se désabriter, de s’exposer à une fission."
Un choix éclectique d’auteurs comme Sandor Maraï, Louis Calaferte, Osamu Dazaï, Bohumil Hrabal...