Manuel d’insurrection ludique

posté par Bastille 27 septembre 2011

« Pour un enfant de 10 ans, notamment un enfant aussi fasciné par le monde que Gurion, une journée est aussi riche et significative qu’une histoire du monde entier. Une journée peut tout changer. »

Les Instructions est un texte résolument hors norme : mille pages pour décrire quatre journées de la turbulente vie de Gurion ben-Judah Maccabee, enfant surdoué de dix ans, grand lecteur de Philip Roth et potentiel nouveau messie du peuple juif (ou pas). Génial, arrogant, terriblement iconoclaste dans son désir forcené d’orthodoxie religieuse, provocateur sûr de son fait, déstabilisant les certitudes creuses des adultes et pourtant toujours enfant devant les insondables mystères de l’amour, Gurion est un chef-d’œuvre de création littéraire, un personnage instantanément inoubliable, prisme férocement drôle pour lire notre monde. Manuel d’insurrection ludique, Adam Levin signe là un premier roman remarquablement maîtrisé et constamment jubilatoire.

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Écriture du lieu : le lieu impossible (3/3)

posté par Bastille 22 juin 2011

Événement à Bastille ! Exposition photographique et sélection d’ouvrages autour du thème de l’écriture du lieu selon trois axes : problématiques de la description, poétique des ruines et lieux imaginaires.

Si la ruine permet toutes les projections du regard et de l’esprit, le lieu imaginaire en est l’étape supplémentaire, un saut vers l’impossible, le lieu de la foi (paradis, eldorado, atlantide). Quand le visible ne suffit plus, qu’il nous déçoit ou, à l’inverse, quand il nous accable par sa profusion, le lieu imaginaire devient une tentative de rationaliser l’irrationnel. Pierre Senges note de façon très subtile le paradoxe très humain qui consiste à appliquer toute la rigueur de l’esprit scientifique à un matériau par définition évanescent et impalpable (mesures du paradis, localisation de l’Atlantide...). C’est le lieu d’une quête infinie et continuellement renouvelée, labyrinthe borgésien qui figure l’activité intellectuelle humaine. Mais d’échappatoire le lieu rêvé peut aussi devenir laboratoire de nos espérances ou de nos craintes – aussi bien utopie que catastrophe – entre la superbe cité idéale de Pfitz (où ses créateurs poussent le souci du détail jusqu’à imaginer un à un tous ses habitants) et le cauchemardesque parc d’attraction de Bruce Bégout, mise en scène ludique des pires expériences concentrationnaires. La quête du lieu imaginaire répond donc à la tentation de l’Aleph de Borges : trouver ce lieu mythique qui soit tous les lieux à la fois et, ainsi, rivaliser avec le regard de Dieu.

Photographies des anciens abattoirs de Rezé (Loire Atlantique) © François-Étienne Marchand

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Écriture du lieu : le réel épuisé (2/3)

posté par Bastille 20 juin 2011
ecriture du lieu 2

Événement à Bastille ! Exposition photographique et sélection d’ouvrages autour du thème de l’écriture du lieu selon trois axes : problématiques de la description, poétique des ruines et lieux imaginaires.

La ruine et la friche peuvent apparaître comme les cas limites de l’exploration visuelle et sensorielle. La ruine est un lieu ambigu, sans attache temporelle – entre passé et présent, entre présence et absence. Elle est autant constituée de ce qui manque que de ce qui reste. Son délabrement, son vide appellent un plus grand investissement du spectateur. Ses manques demandent à être comblés par le regard et l’imagination. Ainsi la remarquable démarche de Philippe Vasset dans son Livre blanc naît-elle du constat que sur une carte de ville subsiste des zones blanches, comme des absences qui sollicitent notre attention. Héritage d’une esthétique romantique, la ruine est souvent lue comme le miroir de la ruine de l’homme, de son inéluctable déréliction. Elle est le douloureux tableau du passage du temps et la projection dans notre environnement de nos angoisses intimes. Mais la ruine est aussi ambiguë dans son statut : ayant perdu sa fonction, elle bascule d’une logique utilitariste au champ de l’esthétique, du tableau. De là tire-t-elle sa beauté paradoxale, ayant perdu sa fonction, elle s’érige en spectacle grandiose de notre décrépitude, telles les magnifiques photos de Detroit d’Yves Marchand et Romain Meffre.

Photographies des anciens abattoirs de Rezé (Loire Atlantique) © François-Étienne Marchand

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Écriture du lieu : l’épuisement du réel (1/3)

posté par Bastille 17 juin 2011
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Événement à Bastille ! Exposition photographique et sélection d’ouvrages autour du thème de l’écriture du lieu selon trois axes : problématiques de la description, poétique des ruines et lieux imaginaires.

L’écrivain confronté à un lieu doit retranscrire un réel protéiforme, souvent trop vaste pour qu’il en perçoive tous les détails. L’expérience du lieu est paradoxale et composite : ce "réel" se construit de ce qu’on y perçoit, de ce qu’on en conçoit et de ce que l’on y projette : décrire un espace, c’est donc avant tout interroger son propre regard. Pour les écrivains du Nature Writing américain, il s’agit surtout de renouer un lien distendu entre l’homme et la nature par une attention minutieuse accordée au paysage. Annie Dillard, longeant la rivière Tinker Creek, inspecte chaque détail, note chaque variation de lumière sur l’eau, l’œil ajusté au niveau de l’herbe. À Londres, la démarche de Iain Sinclair, inspirée de la psychogéographie situationniste, interroge l’effet de lieu sur ses habitants. Au cours de ses longues marches en périphérie de la ville, il retranscrit la richesse symbolique et la fulgurante poésie d’un espace en mutation qui concentre, comme par cristallisation, son passé, son présent et son devenir. Le lierre sauvage unit ainsi les restes du manoir anglais et le bitume du parking de supermarché. La description devient alors coupe archéologique – telles les promenades parisiennes d’Éric Hazan faisant surgir d’un lieu les différents événements qui l’ont façonné. L’horizontalité du regard descriptif se double alors d’une verticalité de la mémoire historique. Écrire le lieu relève donc d’une tentative d’appréhender, de maîtriser notre environnement, ce qui nous est extérieur, nous échappe et pourtant nous conditionne. La multiplicité des lectures de l’espace (picturale, auditive, historique, symbolique) condamne nos tentatives d’épuisement du lieu à être toujours recommencées, comme une étincelle créatrice sans cesse rallumée.

Photographies des anciens abattoirs de Rezé (Loire Atlantique) © François-Étienne Marchand

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Stéphane Marie à L’Arbre à Lettres Bastille

posté par Michel Bastille 7 mai 2011
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Dialoguez avec Stéphane Marie

posté par Michel Bastille 3 mai 2011

Silence, ça pousse !

Bien connaître son jardin et choisir pour chaque territoire les plantes qui lui sont adaptés, voilà les clés d’un beau jardin ! Venez dialoguer avec lui sur le tchat ou dans la librairie à partir de 17 h 30



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Patti Smith à Bastille

posté par Michel Bastille 2 novembre 2010

Soirée exceptionnelle avec Patti Smith à Bastille le 21 octobre. Petit aperçu en musique grâce à deux belles vidéos de nos clients. Merci à Patti Smith pour ce moment merveilleusement chaleureux !


Patti Smith l'arbre à lettres Paris 1st song 21oct2010
envoyé par NoMoreReturn. - Regardez la dernière sélection musicale.

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Tom Sharpe

posté par Bastille 22 juin 2010

Le gang des mégères inapprivoisées ou comment kidnapper un mari quand on n’a rien pour plaire.

Quand on a un physique ingrat un caractère de cochon, on ne trouve pas forcément de mari. Ce n’est pas grave : chez les Grope, on kidnappe les hommes afin de perpétuer cette famille exclusivement féminine. Apparaît alors Esmond Burnes, jeune homme au physique quelconque, élevé par une mère ultra fleur bleue et un père effacé. Suite à l’agression de son père, le jeune homme part chez son oncle et sa tante, une Grope, qui saute sur l’occasion pour quitter sa situation de ménagère forcée et kidnapper son neveu. Et si Esmond était l’élément perturbateur de l’organisation de la famille Grope ? Entre vaudeville, farce, satire sociale, personnages loufoques, situations abracadabrantes et dénouements impossibles, on s’amuse, on rit à gorge déployée et ça fait un bien fou. Vous voulez continuer à rire avec Tom Sharpe ? Plongez dans ce recueil de romans paru aux éditions Omnibus, intitulé Cancres Ltd & Cie (27 €). Que du bonheur !

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Anne Dillard, Pèlerinage à Tinker Creek

posté par Bastille 11 mai 2010

Miroitement infini de la rivière, étranges chants d’oiseaux, variation de lumières sur les montagnes, course des nuages.

Miroitement infini de la rivière, étranges chants d’oiseaux, variation de lumières sur les montagnes, course des nuages, Anne Dillard arpente la nature sauvage le long de la Tinker Creek, note précieusement chaque sensation, chaque révélation et mesure le monde à l’aune de son pas. Par effet de miroir, la topographie du lieu devient cartographie de l’âme, dans une prose lumineuse, traversée de fulgurances.

"La seule réponse, probablement, c’est que la beauté et la grâce se manifestent, que l’on soit là ou non pour les vouloir ou en sentir intinctivement la présence. Le moins que l’on puisse faire, c’est essayer de se trouver là."

Ce "journal météorologique de l’esprit" obtint, à sa parution en 1975, le prix Pulitzer.

À signaler également, la parution, dans la même collection, de son ambitieux roman, Les vivants.

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EXPOSITION PHOTOGRAPHIQUE

posté par Bastille 23 avril 2010

L’exposition de Cécile Gabriel s’installe dans la pièce jeunesse jusqu’à la fin du mois de mai, les photographies sont extraites du livre "Quelle émotion ? !" paru aux éditions Mila

"Quand tout mon corps tremble. J’ai peur Quand je suis trop bien avec lui. Je suis amoureuse Quand je ne sais pas quoi faire. Je m’ennuie Quand on me dit non. Je suis en colère Comment savoir ce que tu ressens, ce que tu as sur le coeur ? Alors que l’enfant s’éveille au monde, il découvre la gamme infinie de ses émotions et de ses sentiments. Cécile Gabriel a rassemblé textes et photos dans un livre innovant qui invite chacun à découvrir, comprendre, nommer, ce qu’il ressent. Un système d’indices en textes et en images permet de découvrir chaque émotion dans son expression particulière. Quelle émotion ? Comment dire tout ce que j’ai dans le coeur."

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L'Arbre à Lettres 4 librairies à Paris

République

Arbre à lettre
33/35, boulevard du Temple
Paris 75003
01 48 04 76 52
M°: République
ou Filles du Calvaire
 

Mouffetard

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2, rue Édouard Quenu
Paris 75005
01 43 31 74 08
M° : Censier-Daubenton
 

Bastille

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62, rue du Fbg Saint Antoine
Paris 75012
01 53 33 83 23
M° : Ledru-Rollin ou Bastille
 

Denfert

Arbre à lettre
14 rue Boulard
Paris 75014
01 43 22 32 42
M° RER : Denfert-Rochereau