Rentrée littéraire 2012 : Tom McCarthy

posté par Elodie Bastille 16 octobre 2012
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C de Tom McCarthy appartient sans conteste à la lignée des très grands romans, où le destin de son héros – forcément singulier – épouse l’histoire, aventure commune qui s’obtient ainsi une résonance originale et toute particulière.

L’histoire que nous redécouvrons ici est celle de l’Europe, dans la première moitié du XXe siècle. Et pour la traverser, un homme : Serge Carrefax. Né et élevé en Angleterre (au sein d’une famille férue de sciences où il se découvre tôt une passion pour les télécommunications et la cryptographie) ; conduit à séjourner en Allemagne pour y soigner sa cachexie (à l’instar du héros de La montagne magique de T. Mann auquel on songera ici) ; qui servira son pays lors de la première guerre mondiale (scènes de frappes et combats aériens époustouflantes) ; que l’on retrouve plus tard à Londres, grand noceur et amateur de drogues (héritage de la guerre), assistant avec le plus haut scepticisme à des séances de spiritisme (quel mécanisme se cache derrière l’escroquerie ?) ; Serge Carrefax voit son aventure toucher à son terme lorsqu’il gagne l’Égypte, à l’heure où les empires coloniaux s’affaiblissent et où, alors que chargé de travailler aux communications pour le service de l’armée, il se laisse divertir de sa mission par des archéologues dont les fouilles et découvertes éveillent vite sa curiosité. Dense, foisonnant et captivant, dans les pages duquel on se croit placé au cœur d’une vaste chambre d’écho, C est encore et surtout un roman qui ressemble à peu d’autres. Le résumer ne dit ainsi que très peu de lui et de ce qui peut rendre sa lecture si absorbante. Sans doute faut-il donc ajouter là que l’œuvre de McMCarthy s’attelle aussi (avec talent et intelligence) à l’une des plus grandes questions qui soient pour l’homme : le monde est-il fait pour qu’on le comprenne et existe-t-il une clef qui permettrait de le déchiffrer ? N’attendez bien sûr pas de réponse. Ici, c’est la quête qui importe, une entreprise à la fois scientifique, philosophique, métaphysique et, en somme, toute humaine.

Extrait : « La friture rappelle le son qu’on entend quand on pense. Pas lorsqu’une seule personne pense, ni même lorsqu’un groupe pense, collectivement. C’est plus grand que ça, plus large – et plus direct. C’est comme le son de la pensée elle-même, son bourdonnement, ses élans. Chaque nuit, lorsque Serge commence à écouter, elle reflue en gémissant, puis déferle à la manière de vagues crépitantes qui l’emportent, à la dérive, jusqu’à ce que son doigt qui pousse doucement le sélecteur parvienne à adhérer à tout ça, à avoir un peu de marge de manœuvre. Les premiers segments sont agressifs, plaintifs, tristes – et toujours muets. C’est seulement lorsqu’il obtient, courbé sur le potentiomètre parmi les cordes effilochées et les câbles soudés – son souffle contrôlé comme une extension de la fréquence sur laquelle il évolue –, les premiers clics calmes que les mots prennent forme : il note tout d’abord les signaux sous la forme de lignes de graphite droites, longues ou courtes, puis, au-dessous, il se met à les transcrire en lettres curvilignes, sombres et grenées dans l’arc de lumière de son bureau. »

C est publié aux Éditions de L’Olivier

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Rentrée littéraire 2012 : Goliarda Sapienza

posté par Elodie Bastille 13 septembre 2012

Très bonne nouvelle, les éditions Attila nous offrent un inédit de Goliarda Sapienza (auteur de L’art de la joie au succès bien connu).

Eblouissant et radieux, plein d’une énergie toute solaire qui ne cesse de vous éblouir page après page, ce texte est assurément parmi ceux qu’il faut lire en cette rentrée. Mais pour les plus curieux, disons tout de même de quoi il y est question. Une jeune fille, Goliarda elle-même en l’occurrence, sort d’un cinéma. Elle vient de voir Pepe le moko, Jean Gabin l’a subjuguée. Son allure, ses attitudes, ses principes, tout dans ce héros l’a séduite et elle l’érige aussitôt en modèle. Elle a trouvé son idéal, fait de dignité et de courage, de fidélité et de détermination, de liberté et d’humanisme. Elle s’est aussi découvert une loi : suivre la voix de ses désirs et refuser toute soumission. Nous assistons, en somme, à la naissance et à l’affirmation d’une personnalité toute exceptionnelle. Et ceci à Catane, à l’heure où Mussolini est à deux pas du pouvoir et le fascisme malheureusement déjà solidement ancré dans la société sicilienne. Pas le climat le plus épanouissant pour grandir et s’initier à l’amour, ni le plus évident lorsque, comme Goliarda, on vient d’une famille où communisme et anarchisme gouvernent autant que la passion de la philosophie et la culture des débats animés. Bref, si vous avez envie de vous faire du bien, sachez que Goliarda est là.

Moi, Jean Gabin est publié aux éditions Attila.

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Rentrée littéraire 2012 : Michael Ondaatje

posté par Elodie Bastille 13 septembre 2012

« Il avait onze ans quand, ce soir-là, aussi neuf au monde qu’il pouvait l’être, il monta à bord du premier et unique navire de sa vie. On aurait dit qu’une ville s’était greffée à la côte, plus éclairée que n’importe quel village. »

Michael Ondaatje quitte le Sri Lanka pour gagner l’Angleterre, laissant son père derrière lui pour rejoindre sa mère, à l’autre bout du monde, loin de tout ce que fut sa vie jusque-là. La table des autres retrace cette traversée longue de trois semaines, autant dire une véritable aventure, et qui, pour l’écrivain qu’il est devenu, fit œuvre de formation. Son livre est donc d’abord un récit de voyage, riche en rencontres et découvertes – au cours duquel des amitiés se lient pour la vie ; où les palpitations d’un premier émoi amoureux se font jour ; où l’on peut jouer aux explorateurs, aux espions, voire aux voleurs, à bord de cet immense vaisseau qui des cales aux ponts supérieurs porte tout un univers, dont les lois ne diffèrent guère de celles qui sur terre organisent la société, fixant à chacun son rôle et sa place. Mais le roman n’est pas que cela, le regard de l’enfant se doublant de celui de l’adulte, qui sait ce que sont devenus celles et ceux qu’il a connus ; qui n’ignore pas que si certains souvenirs semblent conserver si vif un présent disparu, c’est qu’ils se sont aussi réinventés au fil des ans ; qui sait tout ce qu’il doit aux personnes et paysages croisés lors de ce grand périple. A travers les mers et les âges, une aventure qui apprête merveilleusement à rêver. Extrait : « Il avait été décidé que j’irais en Angleterre par bateau et que je ferais le voyage seul. Nul ne mentionna qu’il s’agissait peut-être d’une expérience inhabituelle, ni qu’elle pourrait être excitante ou dangereuse, si bien que je l’abordais sans joie ni peur. On ne m’avait pas prévenu que le paquebot comporterait sept ponts, qu’il y aurait six cents personnes à bord, dont un commandant, neuf cuisiniers, des mécaniciens, un vétérinaire, et qu’il renfermerait une petite prison et des piscines chlorées qui vogueraient en notre compagnie sur deux océans. »

La table des autres est publié aux éditions de l’Olivier.

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Rentrée littéraire 2012 : Jakuta Alikavazovic

posté par Elodie Bastille 13 septembre 2012

Ça commence comme un polar. D’abord, il y a donc un mort. John Volstead était écrivain, loin de ses débuts et du faîte de sa gloire, qui vivait reclus dans le sous-sol de sa maison (le bunker du titre), tentant en vain de donner naissance encore à un livre.

Ensuite, il y a Anna, ex épouse de John, femme fatale autant que glaciale (la blonde du titre), créature manipulatrice dont Gray, héros et narrateur de cette histoire, va se trouver être la victime, plus ou moins consentante. Enfin, il y a un mystère, une énigme à élucider : par la voie de son testament, l’écrivain charge le jeune Gray de retrouver une collection dont il semble n’exister pourtant aucune trace nulle part, demeurant insaisissable des États-Unis à Venise où l’intrigue nous conduira. À ses débuts, La blonde et le bunker ressemble donc à un authentique polar, mais c’est que son auteur a l’art et la manière de brouiller les pistes, Jakuta Alikavazovic préférant jouer très habilement avec les codes et les ambiances du genre pour nous proposer un roman, en définitive, peut-être moins noir que cérébral. On a aimé se laisser prendre au jeu, on vous invite à en faire de même.

La blonde et le bunker est publié aux éditions de l’Olivier.

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Rentrée littéraire 2012 : Yan Lianke

posté par Elodie Bastille 13 septembre 2012

Il y a l’Enfant, puis il y a Musique, l’Ecrivain, le Religieux et l’Erudit, puis il y encore tous les autres, appartenant à la classe des intellectuels comme les quatre derniers.

Nous sommes dans un camp de « novéducation » en Chine, au temps du « Grand bond en avant » décrété par Mao. L’Enfant est un jeune officier chargé de diriger la zone 99, un des nombreux camps existants, et ne vit que pour voir le Parti reconnaître et récompenser ses efforts et son mérite : quel miracle ne serait-il prêt à promettre pour être enfin reçu là-bas, dans la capitale. Sauf quelques rares exceptions, les prisonniers ne manquent pas, eux non plus, de bonne volonté – sachant au besoin se montrer zélés et prendre des initiatives : il leur est demandé de produire plus de blé, ils s’y mettent avec ardeur (y allant même de leur sang pour servir d’engrais) ; ils doivent maintenant fabriquer des fours pour y fondre de l’acier afin que la puissance nationale s’affirme aux yeux du monde, les voilà qui retroussent leurs manches et sacrifient tout leur fer ; veulent-ils être libres enfin de revoir leur famille, eh bien, la chose est facile : qu’ils travaillent encore plus dur, mais aussi, qu’ils espionnent et dénoncent leurs camarades, qu’ils remettent les livres que le Parti n’autorise pas, qu’ils renoncent et bafouent tout ce à quoi ils croyaient, tout ce qu’ils respectaient, mais qui contredisait par trop les dogmes officiels. Vivant à Hong Kong, Yan Lianke est un de ces écrivains qui ne sont pas pour plaire au gouvernement chinois. En lisant Les quatre livres, on comprend pourquoi. Roman orwellien qui dit bien l’aveuglement, la folie et toute l’absurdité de l’idéologie qui a pris les rênes du pouvoir et contaminé peu ou prou tous les esprits, au grand mépris des pertes et souffrances endurées, l’œuvre de Lianke est à découvrir, tout à la fois poétique et politique.

Extrait : « L’Enfant monta sur un tabouret devant sa porte. Il leur dit : Le système des fleurs rouges et des cinq étoiles entre en vigueur aujourd’hui. Ceux qui seront sages auront droit à une petite fleur rouge. Ceux qui mériteront une récompense aussi. Quand vous aurez reçu une fleur, vous rentrerez la coller à la tête de votre lit, une fois par mois je procéderai à une évaluation, et si vous en avez cinq, je vous en donnerai une moyenne. Cinq moyennes seront échangées contre une étoile à cinq branches et lorsque vous aurez cinq étoiles, vous pourrez quitter la zone, rentrer chez vous, retrouver votre famille, vos enfants et votre femme. (…) Vous n’aurez plus besoin de vous réformer ni de vous novéduquer (…). Cinq grandes étoiles, ce sera la preuve que vous êtes devenus des hommes nouveaux. Que vous n’êtes plus des criminels mais des êtres neufs. Vous serez libres. »

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Rentrée littéraire 2012 : Darin Strauss

posté par Elodie Bastille 7 septembre 2012

D’un événement qui a marqué sa vie, il n’est sans doute jamais aisé de faire le juste récit. Il est donc assurément plus difficile encore de réussir à en faire une œuvre littéraire.

Le fait est rare, il se produit néanmoins quelquefois. Et c’est bien le cas ici : La moitié d’une vie ne se limite pas à raconter comment, l’année de ses 18 ans, l’existence de son auteur a soudain dévié de sa trajectoire, la nuit où une jeune cycliste a perdu la vie, percutée par la voiture dont il tenait le volant. De cet accident, de cette expérience ô combien traumatisante, de cette vie qu’il lui aura fallu continuer de conduire après (conscient notamment de ne plus vivre dorénavant que pour lui mais d’avoir aussi à vivre pour Céline, celle qui par sa faute n’aura jamais connu ce que l’existence lui aurait offert), de ce destin si particulier, Darin Strauss est parvenu à rendre compte avec autant de sensibilité que d’intelligence, ne masquant jamais rien de ce qu’il aura ressenti et traversé (au risque parfois de surprendre) et se tenant toujours à mille lieues du témoignage d’un drame où le pathétique aurait la part belle. Texte qui parle bien au-delà des seuls faits retracés, La moitié d’une vie s’adresse à chacun de nous, ceci de la plus exemplaire et de la plus extraordinaire des façons.

« Cette première nuit, mes rêves ont été aussi décousus et triviaux que d’ordinaire. (…) Nos journées laissent si peu de place à des gestes irrévocables. Nos vies sont organisées de sorte à ne laisser aucune place à l’irrévocable. Le temps des études demeure le temps des études dix-huit ans durant, puis la vie active prend le relais et avec un peu de chance, rien ne vient secouer l’ordre établi ; les petites rugosités sont vite lissées par les mots, les explications, les rééchelonnements. Si rien ne peut se passer comme prévu, nous ne savons pas quoi prévoir d’autre. L’irrévocable venait d’interrompre les petits-déjeuners, les après-midi télé et les activités collectives de mon existence d’adolescent, et c’était tout nouveau pour moi. Comment ai-je réagi ? J’aimerais écrire que je suis resté prostré jusqu’au matin, les yeux remplis de larmes, sur mon oreiller trempé de larmes, dans ma vie noyée de larmes. Comment réagit-on lorsque votre tristesse, votre culpabilité, votre peur, votre incrédulité et votre stupéfaction atteignent des niveaux supérieurs à ce que votre corps peut endurer ? J’ai dormi. »

La moitié d’une vie publié aux éditions Rivages.

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GAZETTE été 2012 : Jeanette Winterson

posté par Véronique Bastille 28 juin 2012



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JEANETTE WINTERSON, POURQUOI ÊTRE HEUREUX QUAND ON PEUT ÊTRE NORMAL ?, L’OLIVIER, 21€

JEANETTE WINTERSON, LES ORANGES NE SONT PAS LES SEULS FRUITS, L’OLIVIER, 21€

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Une brèche dans le mur

posté par Bastille 22 mai 2012
Invitation ADANI

Venez rencontrer Joëlle Adani pour une Une brèche dans le mur (éditions Mon petit éditeur) à L’Arbre à Lettres Bastille

> mardi 29 mai à 18 h 30



En 1989, une équipe de coureurs français, sponsorisée par l’épicerie et la brasserie du coin, s’apprête à effectuer une course sans précédent de Béziers à Moscou pour célébrer le bicentenaire de la Révolution. Son long trajet à travers l’Europe sera ponctué de drames amoureux et de rencontres saugrenues qui prendront peu à peu le pas sur l’exploit sportif.

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Arthur H et Nicolas Repac à Bastille

posté par Laura Bastille 9 mai 2012

Samedi 28 avril à Bastille, Arthur H a dit et chanté quelques poèmes mis en musique par Nicolas Repac, le tout issu de leur CD L’Or Noir édité chez Naïve, qui met à l’honneur la poésie des Caraïbes.

Petit extrait :
Arthur H et Nicolas Repac à l'Arbre à Lettres... par arbrealettres

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Rencontre avec Marina Rozenman à la librairie Bastille !

posté par Florian Bastille 19 avril 2012
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Mardi 10 avril, L’Arbre à Lettres Bastille a eu la chance et le plaisir de recevoir Marina Rozenman, venue présenter et dédicacer son livre Le coeur n’a pas de rides, entre témoignage et document.

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Et le plaisir a été partagé : des dizaines de lecteurs sont venus participer à l’évènement, qui a également attiré beaucoup de nos voisins de quartier. Merci donc à Marina Rozenman et à vous tous pour avoir fait de cette rencontre une réussite, et à très bientôt pour un nouvel évènement dans l’une de nos librairies !

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L'Arbre à Lettres 4 librairies à Paris

République

Arbre à lettre
33/35, boulevard du Temple
Paris 75003
01 48 04 76 52
M°: République
ou Filles du Calvaire
 

Mouffetard

Arbre à lettre
2, rue Édouard Quenu
Paris 75005
01 43 31 74 08
M° : Censier-Daubenton
 

Bastille

Arbre à lettre
62, rue du Fbg Saint Antoine
Paris 75012
01 53 33 83 23
M° : Ledru-Rollin ou Bastille
 

Denfert

Arbre à lettre
14 rue Boulard
Paris 75014
01 43 22 32 42
M° RER : Denfert-Rochereau