Les Grandes heures de Radio-France INA

posté par Olivier Denfert 13 novembre 2013
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Dans le cadre de la nuit des libraires, nous vous invitons au lancement de ce très beau volume de transcriptions des entretiens radiophoniques de quelques grands écrivains. Avec, pour la dimension policière, Simenon.

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Charles Berling

posté par Olivier Denfert 5 novembre 2013
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A l’occasion de la sortie en format poche de son livre Aujourd’hui, maman est morte, l’acteur et écrivain vient nous en lire des extraits. Emotion garantie.

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Quelque chose est là-dehors - Richard Bausch

posté par Adrien 1er novembre 2013
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« Faisons un rêve. Et si le Prix Nobel de littérature attribué à la nouvelliste Alice Munro éclairait d’une aube nouvelle cet art de tailler court et de trancher dans le vif ? Et si dans la foulée de la formidable canadienne, un autre de ces champions du 100 mètres littéraire, l’Américain Richard Bausch, s’imposait enfin en France ? » Olivia de Lamberterie, Elle.

Si certaines thématiques se dégagent nettement : la trahison, la fragilité des relations humaines, les quelques secondes qui font basculer une vie en fonction d’un choix que l’on fait, d’un geste que l’on commet, chaque nouvelle s’impose comme une histoire à part entière !

On passe des greens d’un dix-huit trous sur lesquels un homme sauve la vie de son patron en mettant dans le trou une balle qui s’en éloignait, au chantier d’un vieux rafiot en perpétuelle réparation qui obsède la vie de son propriétaire pendant que son frère commet l’irréparable. On y découvre comment un fils à papa rebelle rentre à la maison la tête basse après avoir foutu sa jeunesse en l’air dans le monde de la nuit ou encore comment, lors d’une journée qui s’annonçait ordinaire, dans une famille d’apparence ordinaire, une femme se retrouve en pleine nuit à la fenêtre de sa maison, revolver à la main, à ne plus savoir si elle guette l’arrivée du petit matin ou un ennemi qui la traque.

C’est tout cela à la fois que Bausch étudie, le moment où le destin se transforme en pièce de monnaie et qu’il retombe, après une succession de détails échappant souvent aux protagonistes, du bon ou du mauvais côté…

Quelque chose est là-dehors, Richard Bausch, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Stéphanie Levet (Editions Gallimard) 22,90€.

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Tout s’effondre - Chinua Achebe

posté par Adrien 1er novembre 2013
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« Tant que les lions n’auront pas leurs propres historiens, l’histoire de la chasse glorifiera toujours le chasseur. » dit un proverbe africain. Achebe, avec ce roman coup de poing, est à n’en pas douter l’un des premiers lions africains à s’emparer de la plume…

Okonkwo est le fils d’un bon à rien, et c’est année après année, à force de sueur et de courage qu’il se construit dans le village d’Umuofia la réputation d’un homme valeureux et sage dont la parole est respectée par tous. Dans un monde de traditions, où les âmes des morts côtoient en permanence celles des vivants, la vie s’établit selon des codes qu’Okonkwo accepte et maîtrise parfaitement, jusqu’à ce qu’un évènement totalement inattendu s’en vienne chambouler l’ordre des choses. Avec l’arrivée des colons britanniques et de leur christianisme, c’est tout un monde qui se met à vaciller, les coutumes ancestrales sont bafouées et tout s’effondre…

Chinua Achebe, auteur majeur de la littérature africaine, bien que méconnu en France, a influencé et influence encore toute une génération d’écrivains africains. L’oralité de sa plume, tantôt douce et charmeuse, tantôt violente, nous entraine dans une suite de bouleversements au rythme de la musicalité de sa voix. Jamais manichéen, d’une justesse de ton éblouissante, Chinua Achebe est un grand, un immense raconteur d’histoires !

Tout s’effondre, Chinua Achebe, traduit de l’anglais (Nigéria) par Pierre Girard (Editions Actes Sud), 21,80€.

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Les cent derniers jours

posté par Laura Picro Denfert 4 octobre 2013
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« J’avais débarqué plein de cet optimisme qui, a posteriori, m’apparaît comme un signe certain que cette affaire allait mal tourner – très mal tourner. Pas pour moi, car je ne faisais que passer ou, plus exactement, que passer au travers. Il arrivait des choses autour de moi, au-dessus de moi, voire par moi, mais jamais à moi. Même à la fin, quand j’étais au cœur de l’action, pendant les cent derniers jours. » Patrick McGuinness, Les cent derniers jours, Grasset, p. 12-13.

Entre documentaire et roman d’espionnage, le premier roman de McGuinness, Les cent derniers jours, nous plonge dans l’atmosphère complexe des trois derniers mois du règne de Ceauşescu en 1989, du déclin au renversement du régime communiste roumain. Le narrateur, un jeune étudiant anglais (dont on ne connaît pas le nom) qui vient de perdre son père, est curieusement nommé professeur d’anglais à l’université de Bucarest sans avoir postulé ni passé d’entretien d’embauche. Il se retrouve rapidement pris malgré lui dans la toile que tisse lentement la révolution, au sein d’une galerie de personnages ambigus dans ce contexte où les agents de la Securitate sont omniprésents et où tout le monde s’espionne. Difficile de savoir qui est l’allié ou l’ennemi. Tandis que la presse est muselée, l’information devient une marchandise que l’on stocke afin de la ressortir au bon moment.

En plus d’une intrigue bien menée dans laquelle la tension sourd à chaque page, l’auteur, qui a vécu à Bucarest pour y donner des cours d’anglais entre 1986 et 1987, avant la fin de Ceauşescu, dépeint un portrait sensible de cette ville en voie de disparition, soumise à la folie urbanistique de la dictature qui détruit des pans entiers du paysage urbain historique pour construire des bâtiments modernes représentatifs du régime, qui, une fois terminés (quand ils le sont), sont déjà délabrés. McGuinness décrit la survie des Roumains en ces temps de pénurie et comment ils se débrouillent : le manque d’eau et de nourriture, les coupures d’électricité, les files d’attente, le marché noir (pratiqué par le personnage attachant de Leo) mais également l’ « ennui totalitaire » de ce peuple qui attend que les choses aillent mieux sans vraiment y croire.

Une belle découverte de cette rentrée littéraire qui nous fait voyager dans la Roumanie des années 80.

Laura P., Denfert

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Et puis il y eut Confiteor

posté par Elodie 8 septembre 2013

Cette année la rentrée littéraire est des plus belles. Difficile donc de choisir quel livre signaler en priorité. Il en est un cependant qui s’impose indéniablement, celui de Jaume Cabré. Avec Confiteor, le Catalan nous offre une des meilleures raisons de lire.

Certains livres sont ainsi qu’ils font naître une sorte de confrérie, informelle, sans code établi, soumise à aucun ordre du jour et qui ne s’impose nulle réunion, mais dont tous les membres se trouvent néanmoins attachés. Le hasard fait parfois que quelques-uns d’entre eux se rencontrent et si en cette occasion ils viennent à se savoir partager certaine même lecture, alors on peut être sûr qu’aussitôt se voit révélées une forme particulière de solidarité tout autant qu’une connivence (étroite et qui a bien de quoi surprendre puisque, après tout, elle a lieu entre deux inconnus et qui peut-être ne se recroiseront plus). Cela se produit bien souvent en librairie, ce qui nous fait être les témoins privilégiés de ces scènes où se produit ceci : toute distance abolie et sans préséance aucune, deux individus se prennent soudain à échanger ce qu’on ne saurait dire être autre chose qu’un signe de reconnaissance (la rencontre semble réactiver cet amour si singulier qui s’éprouve pour quelques peu nombreux livres ; mieux, elle semble ranimer, et comme intacte et bien présente, cette passion qui aura été concomitante de la lecture).

Oui, certains livres font qu’il y a ceux qui les ont lus et puis les autres, ceux qui n’ont pas fait cette expérience, de celles que rend seule possible la littérature lorsqu’elle aura été portée par un écrivain capable tout à la fois et très paradoxalement de nous faire oublier toutes nos lectures précédentes (il n’existe pas d’autre livre que celui-là que nous lisons maintenant) et de nous offrir que ces mêmes lectures (certaines d’entre elles, pas toutes bien sûr) entrent en résonance et se fassent écho, des correspondances inédites jusque-là se faisant aussi soudain jour, le livre lu aujourd’hui s’enrichissant de ceux lus auparavant et réciproquement. Confiteor de Jaume Cabré est de ces livres, de ceux dont on sait lorsqu’on y est plongé qu’ils ne sont comme aucun autre ; de ceux dont on redoute qu’ils ne se terminent sans pourtant jamais renoncer à aller au-devant de ce terme (ici, la page 765, dont par un peu savant procédé commun à bien des lecteurs on retardera le moment de son arrivée) ; de ceux qui nous habitent et accompagnent tout le temps de leur lecture (y compris lorsque livre n’est pas là ouvert sous nos yeux et nous rend sourd à toute autre voix que celle de son auteur – si, vous savez, quand afin de se parfaitement consacrer à sa lecture, on aimerait disposer de cette pancarte que l’on accroche à sa porte dans les hôtels : « prière de ne pas déranger ») ; de ceux dont on pourrait dire encore qu’ils ne se laisseront jamais oublier (quand bien même demeurerait imprécis le souvenir de leur contenu –l’émotion, le plaisir ressentis et combien d’autres choses, cela fait impression vive et durable, cela imprime en nous une marque qu’il faudrait des siècles pour effacer, mais puisque nous ne vivons pas aussi longtemps, elles sont pour nous comme immortelles).

Il nous serait aisé de poursuivre ici tant notre enthousiasme est immense et tant notre envie de pouvoir le faire connaître à chacun nous semble à peu près dépourvue de limite. Nous pourrions dire beaucoup encore de cet extraordinaire Confiteor, mais le mieux, nous l’assurons, est que vous le lisiez. Inutile donc aussi de vous en faire le résumé et ce d’autant que le roman de Jaume Cabré raconte la vie d’un homme et que cela, la vie d’un homme, ça ne se résume pas : joies, peines, émerveillements, désillusions, échecs, réussites, amitié, amour, etc., cela se vit. Puis, enfin, parce que ces pages sont la confession d’un homme, alors elles imposent à ceux qui l’ont écoutée ceci : le silence (et quoi de mieux pour s’adonner à la lecture ?).

Confiteor, Jaume Cabre, traduit du catalan par Edmond Raillard (Actes Sud, 26€).

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L'Arbre à Lettres 4 librairies à Paris

République

Arbre à lettre
33/35, boulevard du Temple
Paris 75003
01 48 04 76 52
M°: République
ou Filles du Calvaire
 

Mouffetard

Arbre à lettre
2, rue Édouard Quenu
Paris 75005
01 43 31 74 08
M° : Censier-Daubenton
 

Bastille

Arbre à lettre
62, rue du Fbg Saint Antoine
Paris 75012
01 53 33 83 23
M° : Ledru-Rollin ou Bastille
 

Denfert

Arbre à lettre
14 rue Boulard
Paris 75014
01 43 22 32 42
M° RER : Denfert-Rochereau